Dialogues
J’ai des choses à te dire. Je veux te parler de ce qui me tient à cœur.
Peut-être que ça ne te concerne pas, mais que tu vas m’écouter quand-même, avec attention et empathie, par amitié pour moi. Peut-être que tu me donneras ton avis. Peut-être que tu me donneras du réconfort. Peut-être que tu me donneras juste l’impression que j’ai de l’importance à tes yeux, parce que ce que je dis compte suffisamment pour que tu me donnes un peu de ton temps et de ton écoute.
Parce que tu seras là, ma pensée va se démêler du grand chaos de mes sensations et de mes émotions. Elle va se matérialiser en sons articulés : des mots et des phrases. Grâce à toi, je vais pouvoir prendre un double recul sur ce qui vit en moi : le recul lié au fait que ce qui est interne, en moi, va devenir un objet sonore externe, presque palpable… En tous les cas, mémorisable et manipulable. Et en même temps, je vais me détacher une deuxième fois de ce chaos interne en le portant à ton oreille, en te le donnant à entendre et en observant ta réaction face à ce que j’aurai dit : seras-tu surpris ? Choqué ? Attendri ? Amusé ? En te le disant, il devient un peu ton objet aussi. Tu peux aussi le transformer, le critiquer, l’améliorer… Quel merveilleux remède pour me délester de la charge trop pesante d’un cyclone d’émotions fortes.
Et puis il y a eu l’autre dialogue. Avec toi, qui n’es pas mon ami, toi qui es directement concerné par ce que j’ai à te dire. Avec toi, parler, c’est m’exposer, prendre une part de risque : voudras-tu m’écouter ? Sauras-tu recevoir mes mots, mes phrases, mes idées ? Sauras-tu partager les tiennes avec moi, sans violence, sans autoritarisme, sans chercher à abuser de ta position ? Saurai-je faire preuve de vigilance ? Saurai-je protéger la part de moi qui s’expose au risque ? Avec toi, le dialogue est un défi. Je suis contente de l’avoir relevé. Je suis contente que tu m’aies considérée comme une vraie personne, par ton écoute, et par la prise en compte de mes paroles dans tes réponses.
Riches moments tellement humains dans tous ces échanges du jour.

2 minutes 35 de bonheur
Waow, Alain ! Tant que ça ? Merci pour ton commentaire
Pour simplement laisser une trace de mon passage, vous dire que je vous lis et que j’aime
Bien cordialement
Brigitte
Brigitte, votre message me touche profondément… et je me plais à penser que cette rencontre n’est pas un hasard… J’écris un peu moins sur ces pages en ce moment, mais un peu plus sur le blog – journal de ma psychanalyse…
Et puisque je vois que vous me donnez à découvrir la lecture de vos pages, je me réjouis d’aller y papillonner pour y glaner de quoi alimenter mes réflexions !