Ô joie !
Un jour, à 37 ans, une fille découvre la joie. (Tiens tiens, bizarre, ça fait “fille de joie”).
Pendant 37 ans, elle n’a jamais connu la joie que lors d’occasions précises et exceptionnelles. Disons de la joie en échantillon, juste un avant-goût.
Par exemple, quand elle partait en balade toute seule en bord de mer au lever du jour. Ou quand elle atteignait à la force de ses petites jambes (de 4 ans, pour la première fois) le sommet d’une montagne. Ou quand elle chantait avec sa chorale, et que le public était gagné par un état de grâce… Mais ces bonnes choses n’arrivaient pas bien souvent, et avaient toutes une fin.
Pourtant, pas de désespoir chez cette fille là : elle a connu la gaieté, le fou-rire, le plaisir, la bonne humeur plus qu’à son tour. C’est même souvent la première chose dont parlent ceux qui parlent d’elle : son sourire.
Mais tout ça, ce n’était pas de la joie.
Et puis un jour, alors qu’elle vient de passer 38 ans, elle se rend compte que depuis plusieurs semaines, elle est comme en train de chanter un air sublime avec sa chorale, au sommet d’une montagne, en contemplant le soleil qui se lève sur la mer ! La joie est là. Installée. Et pas décidée à partir.
Vous vous en doutez, la fille joyeuse, c’est moi. Et puis pour tenir compagnie à la joie, d’autres tremplins pour ma nouvelle naissance : la paix avec moi-même, le sentiment de complétude et ce bonheur indicible et que je n’avais jamais connu, le bonheur de pouvoir enfin m’aimer ! Pendant 23 ans (depuis mes 15 ans), j’ai donné sans compter de l’amour, de l’amitié, de l’attention, du réconfort, de la gaieté aux personnes qui m’entouraient (au point que ça a fini par passer pour un défaut aux yeux de quelqu’un que j’aimais bien). Tout cela sans m’accorder à moi-même la compassion, l’attention que je donnais à de quasi-inconnus. Maintenant, les temps changent, mes amis : il y a une partie de mon temps qui me revient à moi-même, une partie de mon attention qui me sert à guetter mes besoins, mes ressentis, pour pouvoir m’offrir à moi-même l’amour dont j’ai besoin. Le réconfort quand c’est de ça que j’ai besoin, le calme quand c’est ce qu’il me faut, l’activité physique quand mon corps la réclame, la musique quand mon âme soupire avec nostalgie !
Et cela me donne une force de Wonder Woman, un sentiment d’invincibilité ! Les obstacles, les difficultés ne sont que des éléments du paysage que j’aperçois depuis mon joyeux sommet !
Ce cocktail vital me donne le courage d’affronter ce qui reste encore des peurs qui pouvaient me terrasser il y a seulement 3 mois.
Tout à changé si vite ! Et pourtant, c’est bien moi, toujours la même ! Plus que jamais la même !
