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6 juin 2012 / karleyn

Mon coeur de sorcière (3bis)

L’amour.
En lisant ce que j’ai écrit dans cette série, on pourrait croire qu’il a été le grand absent de ma vie. Alors qu’au contraire, j’ai aimé souvent, longtemps, totalement (et aussi sans prise de distance, toute à mes sensations, mes émotions, mes sentiments !)

Rien n’est jamais aussi simple que ça en a l’air.

Quand je pense aux  relations amoureuses longues de plusieurs mois ou plusieurs années que j’ai eues avec certaines personnes, ça n’aurait jamais pu durer aussi longtemps sans amour.

Donc j’ai aimé sans retenue. Et ce n’est pas vraiment contradictoire avec mes notes précédentes. Souvent, au fil du temps, je me suis rendue compte que j’avais aimé, non pas exactement une personne, mais les attentes que je projetais en elle. Bon. Jusque là, pas d’affolement : je crois qu’il y a toujours le risque, à un moment donné de la relation (genre quand on est sorti de l’aveuglement passionnel), de percevoir qu’on a des attentes démesurées, ou simplement, des attentes que l’autre ne peut satisfaire. Je pense que ça ne signifie pas forcément que la relation doit prendre fin : là, avec l’amour, justement, je me suis à chaque fois armée de patience, de tentatives de dialogue, de communication, pour essayer de trouver des façons de rééquilibrer les choses pour que chacun y trouve son compte. Mais mes partenaires n’ont, selon les cas, ou pas voulu, ou pas pu se placer dans cette attitude de questionnement de la relation. Je ne leur en veux pas : souvent, rien qu’ »entendre » qu’il y avait des choses à résoudre, j’ai eu l’impression qu’ils n’en étaient pas capables. Peut-être que cela générait trop d’angoisse en eux.
Au début, je me suis dit que l’amour allait me donner la force de surmonter les frustrations, ou les petites agressions quotidiennes. Mais non. Le fait est que je ne suis pas dotée d’une abnégation absolue. Au contraire j’ai une estime de moi qui ne demande qu’à être réveillée. Alors à force d’être plongée dans une relation qui me faisait de plus en plus souffrir, sans voir aucune possibilité d’amélioration, en ayant l’impression d’être entraînée dans une spirale négative, tout-à-coup, lorsque je me trouvais à la croisée des chemins (soit je me laisse définitivement couler, soit je choisis de vivre), j’ai choisi de vivre, sur ce qui ressemblait à un coup de tête. J’ai pris la décision de la rupture (bon, une fois, j’ai énoncé une rupture qui était déjà adoptée et consommée par mon partenaire ;-) mais j’ai toujours besoin que les choses soient dites et elles ne l’étaient pas).

Du coup, chez moi, la rupture n’a jamais été tout-à-fait un échec, ou une occasion de désespoir : c’était une occasion de rebond, de reprendre en main un destin qui m’échappait.
Je m’y suis toujours sentie entre deux, du coup : entre une sorte de culpabilité ou de compassion pour la personne que je quittais et qui (parfois) en souffrait et parfois même, beaucoup, et une sensation de libération pour cette vie que je pouvais de nouveau prendre à bras le corps.
À ce moment là de la relation, ce moment le plus lucide sans doute, la volonté de me sauver moi-même prenait le dessus sur tout le reste et me permettait d’éteindre assez rapidement tout sentiment amoureux. Ce qui fait que j’en arrive aujourd’hui à difficilement envisager que oui, ces personnes, je les ai aimées. Parce qu’avec le recul, je vois tout ce que ces relations m’ont apporté de bon, toutes les épreuves que j’y ai surmontées (et que je n’ai pas trop envie de revivre), mais aussi et surtout, tout ce qui me permet d’être certaine d’avoir fait le bon choix en y mettant fin.

Donc oui, de l’amour, il y en a eu, dans ma vie. Certes, je ne suis jamais tombée amoureuse de quelqu’un qui aurait les mêmes attentes que moi quant à la relation. Ou au moins, quelqu’un qui soit capable d’accepter mon indépendance.
Et quand je vois ce qui circule sur les annonces de rencontre, je comprends que ça non plus, ce n’est pas simple (« cherche femme pour relation sans prise de tête » semble être un critère de base dans les annonces).

Au cours de l’année écoulée, la formulation de mes attentes a aussi complètement changé : je me rends compte qu’avoir un compagnon ou une compagne, ce n’est plus un besoin absolu, pour moi. Que toute seule, je survis, et même, souvent, je vis pour de bon.
J’ai souvent la sensation que cette indépendance qui est la mienne, ma force personnelle, est aussi ma faiblesse, aux yeux de certaines personnes à qui je fais peur, parce qu’ils voudraient que j’aie besoin d’eux.  Il faut trouver un chemin au milieu de ça : je sais tout ce que l’amour apporte à ma vie, à travers l’amour que je donne et celui que je reçois, l’amour se vit dans l’échange et le respect. Je sais la force, l’énergie, le souffle que j’y gagne. Je vois tout ce que j’y ai appris sur l’humain, et sur moi-même. Je n’oublie pas pour autant tout ce que j’ai cru devoir endurer au nom de l’amour !

Aujourd’hui je ne désespère pas : j’ai toute la vie devant moi ! Et en attendant, tellement d’autres façons d’aimer et d’aimer vivre !

2 commentaires

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  1. Daniel / juin 8 2012 16:54

    Et pourtant, ils existent… ceux qui sont prêt (voire aiment) « se prendre la tête »… avec le sourire ! :-)

    Il faudrait peut-être rédiger une annonce ainsi (« cherche homme prêt à se prendre la tête »), juste pour voir…

    Et j’ajoute que je me réjouis que nous nous prenions prochainement la tête tous les deux…. en toute amitié !

    • karleyn / juin 8 2012 16:58

      :-D le coup de l’annonce ! Trop drôle ! Ça donne presque envie d’essayer ! (presque seulement) :-)

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