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19 juin 2012 / karleyn

Quand il faut éliminer le stress

Le stress, tout le monde connaît, avec plus ou moins d’intensité. Parfois, selon notre mode de vie, les circonstances, on est au bord du burn-out, et ce n’est pas toujours la faute du boulot.

Par exemple, à élever quasi-seule des jumelles de moins de 1 an, j’ai été à un cheveu du burn-out pendant des mois. Le seul truc qui m’a sauvée du burn-out, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est que j’avais mes shoots pluri-quotidiens aux endorphines pendant les tétées. On me disait : "allaiter des jumelles, mais ça doit être super fatigant !" Pour moi, c’était juste une question de survie. Sans cette double dose de shoots, jamais je n’aurais tenu le coup (oui, parce que pour ceux qui ne savent pas, pendant la têtée, l’organisme libère des endorphines, propices au bien-être).

Le vrai burn-out, je l’ai connu dans ma vie professionnelle : classe de CE2 CM1 CM2, 27 élèves, 1ère nomination dans l’école, une large partie de la population y étant réactionnaire, raciste, homophobe et misogyne (je l’ai compris trop tard, ne soupçonnant même pas que, à ce point là, ce soit possible). L’équipe pédagogique, pendant ce temps, préférait courber l’échine pour s’attirer les bonnes grâces des parents d’élèves. Il n’y a pas eu moyen d’obtenir quelque euphorisant que ce soit, cette année là. Pas de plaisir. Juste une pression augmentant chaque jour davantage : de la part de certains élèves, des parents, des rumeurs qui circulaient dans le village, de l’Inspecteur et la directrice qui recevaient des plaintes sur mon compte, de la part d’une famille. Une famille qui jugeait que j’"étais en retard dans le programme, la preuve, le cousin de Kévin a déjà commencé le plus-que-parfait de l’indicatif la semaine dernière" ou jugeant que je ne savais pas me faire respecter, "la preuve, à la maison, Kévin ne parle de sa maîtresse qu’en termes insultants." Des familles comme ça, on en a tous, plus ou moins tous les ans. Ce n’est même pas le problème. Le problème, c’est quand ton entourage professionnel cautionne cela et que la directrice te dit "c’est vrai, il faudrait que tu commences le plus-que-parfait pour montrer ta bonne volonté… Et que tu fasses preuve de plus d’autorité !" Et là, les bras m’en sont tombés ! Ce Kévin, avec qui je n’avais, certes pas des relations très chaleureuses, était cependant poli en classe. Vu mon état d’épuisement, j’étais de toute façon incapable d’imaginer quelque moyen que ce soit d’agir sur ce qu’il faisait quand il était chez lui, sous l’autorité de ses parents.

Donc voilà : un contexte où on ne me faisait pas de cadeau : aucun, jamais. Où j’avais en permanence cette angoisse de quelle nouvelle rumeur m’accueillerait au prochain jour d’école ("il paraît que les parents vont organiser une réunion pour voir tout ce qui ne va pas dans ta classe."). Où j’avais, en rentrant chez moi, un volume de corrections et de préparation considérable mais que je ne pouvais entamer qu’une fois mes enfants couchés et les tâches ménagères quotidiennes accomplies, tout cela me menant régulièrement à me coucher à 1 ou 2 h du matin.
Enfin bref. J’ai tenu ce régime 4 mois. Et je suis tombée malade. Physiquement malade : des troubles digestifs continuels, des douleurs abdominales. S’y est ajoutée une fatigue irrécupérable : à ne plus réussir à corriger un paquet de copies sans m’endormir, assise à mon bureau dès la 4ème copie. Puis j’ai eu le dos bloqué. Et enfin, la polyarthrite : chaque pas était une souffrance, tenir un stylo une corvée. Et c’est là que je l’ai reconnue, LA maladie. Celle que j’avais déjà croisée un jour, longtemps avant, et qui ne s’était plus montrée pendant 7 ans.

Cette année là, il m’a fallu 7 mois pour en venir à bout, l’apprivoiser. Sept mois pendant lesquels je n’ai pas fait que me reposer : j’ai aussi douté, réfléchi, mis en question, pris des décisions et appris.

Je la connais mieux maintenant, cette maladie : je sais la reconnaître, quand elle s’approche à pas de loup. Je sais prendre les mesures qui, parfois, suffisent à la mettre en déroute. Je sais la tenir cachée, tapie dans l’ombre, discrète. Certains jours, je pourrais l’oublier, s’il n’y avait les comprimés que j’avale le matin.
Après plusieurs "rechutes" au cours des dernières années, j’ai compris qu’à chaque fois, c’est un épisode de stress, d’angoisse, qui la réveille.
J’en parlais il y a quelques semaines à une de mes amies de réseaux sociaux, une de ces amies qui ne voit pas les comprimés, qui ne voit pas les matins où je ne peux pas me lever, les soirs où je ne peux plus rester debout, où je boite… Sur Internet, on peut donner aux autres l’illusion qu’on se porte comme un charme, parce que le corps n’y a pas tellement d’importance. Donc, je lui expliquais la maladie, l’absence de vrai traitement (parce que la cortisone, ce n’est pas ça qui va me guérir !!!). Je lui expliquais que j’avais repéré le rôle du stress dans le déclenchement des poussées. Elle m’a dit en riant à demi : "il n’y a qu’à arrêter le stress." Sur le coup, ça m’a fait rire aussi. Jusqu’à ce que je me dise que c’est elle qui a raison. Et que dans le fond, arrêter le stress, c’est bien ce à quoi je m’applique depuis quelques années. Éliminer complètement toute source de stress est sans doute impossible. Mais j’ai mis en œuvre toute une série de dispositifs pour le limiter et le contenir dans un périmètre où il est sous surveillance, traité, atténué. Je vous en dis plus dans quelques jours ?

2 Commentaires

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  1. vireloup / juil 3 2012 19:33

    Le burn-out, je connais… Il y a 2 ans, suite à des problèmes pro. J’en suis sorti, après 6 mois d’arrêt de maladie, mais entre temps mon directeur avait démissionné et emporté tous les regrets avec lui, et j’ai obtenu de me reconvertir. J’en suis donc sorti par le haut. Oui, tu nous en dis plus, j’aimerais bien échanger avec toi sur le sujet.

    • karleyn / juil 3 2012 19:46

      Promis, dans quelques jours !!! Là, je suis en pleine surcharge de boulot ! (mais ce soir, je décompresse :-D )

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